L’huile d’olive coûtera plus cher

Le mélange du grain mûr au grain vert affectera sûrement la qualité du produit. La faiblesse de la production, l’inexistence d’un réseau de commercialisation sont autant de facteurs qui feront augmenter le prix de l’huile.
La production oléiculture sera faible cette année comparativement à l’année dernière. La raison est évidente. L’olivier produit une année sur deux. Cette alternance est naturelle mais peut découler d’autres facteurs. L’entretien des arbres après les récoltes et l’irrigation sont deux facteurs qui peuvent augmenter la production. Même si l’année dernière la production a été abondante, les prix sont restés élevés. La raison selon les spécialistes est en partie l’inexistence d’un réseau organisé de commercialisation.
En effet, la vente d’huile d’olive échappe à toute norme régissant le marché faute de dispositif, devant permettre de prendre en charge la régulation de vente de ce produit. Plus encore, la fixation du prix du litre d’huile d’olive se fait en dehors d’une réelle étude de marché. Au moment où la récolte s’annonce bonne pour cette année (près de 05 millions de litres) le prix du litre n’arrive toujours pas à bouger. Il est cédé entre 300 et 450 DA. Cette hausse des prix qui persiste depuis ces trois dernières années, est due principalement aux aléas du climat.
La filière oléicole a considérablement été affectée par le réchauffement climatique qui touche notre pays. Par voie de conséquence, la récolte oléicole a connu un effet en dents de scie année par année et les prix ont alors pris l’ascenseur. Ce qui apparaît logique, du fait que les oléiculteurs comptent beaucoup sur la récolte qui reste pour bon nombre de familles l’unique ressource de subsistance.
Pour ce qui est de cette saison, tous les indicateurs sembleraient défavorables à une éventuelle baisse. Au tout début de la campagne oléicole, le marché est déjà en pleine effervescence. Le quintal d’olive brut est vendu entre 3000 DA et 4000 DA au niveau des huileries. Cela ne va pas tarder à se répercuter sur le prix du litre. Dans ce segment agricole, des intermédiaires ont intégré le réseau. Venant des autres wilayas du pays, des acquéreurs mettent le paquet pour faire tourner des huileries implantées dans leurs régions respectives.
Cette situation encourage la spéculation sur les prix de cette matière. Pour preuve, au cours de la saison précédente, la campagne oléicole à peine terminée, les huileries avaient déjà vidé leurs stocks. Pour tenter de contrecarrer le phénomène, les professionnels, qui se sont constitués en association affiliée à la Chambre d’agriculture, demandent des aides pour lancer des unités de conditionnement.
Par sa qualité, l’huile de la région de M’Chedallah est réputée mondialement surtout que le taux d’acidité n’atteint pas le 1%. La mise en place desdites unités peut permettre l’exportation du produit. La campagne, qui vient juste de débuter, se prolongera jusqu’au mois de février. La rareté du grain poussera les paysans à tout ramasser.
Le mélange du grain mûr au grain vert affectera sûrement la qualité du produit pour cette année. En attendant des mesures radicales pour soutenir la filière comme par exemple intégrer les bénéficiaires d’huileries dans le processus d’effacement des dettes prononcé par le président de la République, l’huile continuera d’être proposée sur les bords de la RN 5.
La faiblesse de la production, l’inexistence d’un réseau de commercialisation, les propriétaires d’huileries livrés à eux-mêmes, les fausses promesses d’aide… sont autant de facteurs qui feront augmenter le prix de l’huile. Mal conditionnée, exposée à la lumière des jours durant, parfois mélangée aux huiles industrielles, l’huile d’olive qui devrait bénéficier du statut de label se dévalorise.
C’est un pan du terroir local qui disparaît année après année.
[via] Abdenour Merzouk, lexpressiondz.com