La facture des Importations des céréales atteindra 3,4 milliards de dollars

La part des céréales dans la structure des produits alimentaires importés est de 33,27%. L’Algérie nourrit également la Libye et la Tunisie qui ont connu des problèmes d’approvisionnement.
Les importations de l’Algérie en céréales pourraient s’approcher du chiffre record de 3,4 milliards de dollars atteint en 2008. «2,75 milliards de dollars est la facture à débourser en fin 2011, a affirmé jeudi dernier le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Rachid Benaïssa lors d’une séance du Sénat consacrée aux questions orales. L’achat de la paix sociale a engendré une fièvre acheteuse chez l’Etat, selon les observateurs. D’ailleurs, les émeutes de janvier dernier ont contraint le gouvernement à puiser dans les stocks de la réserve stratégique des céréales.
Les importations algériennes de produits alimentaires ont enregistré durant le mois d’août dernier une progression de plus de 95%, tirées à la hausse essentiellement par les céréales et les légumes secs, selon les Douanes algériennes. Benaïssa a imputé cette hausse à l’augmentation des prix à l’échelle internationale et au souci des pouvoirs publics de garantir la disponibilité de ces produits au niveau national. En précisant que les importations de blé ont connu une hausse par rapport à 2009 et 2010, atteignant 2,2 milliards de dollars à la fin septembre.
Dans ce contexte, il a souligné que le gouvernement avait décidé, en 2011, d’élever le taux de disponibilité du blé et de l’orge sur le marché local. Mais, selon certaines sources, les contrebandiers de la semoule vers la Tunisie et la Libye sont en partie responsables des tensions et de l’augmentation de la facture des importations.
Ces derniers s’approvisionnent en semoule auprès des minoteries et des grossistes pour l’exporter vers la Tunisie et la Libye, en proie à des tensions politiques et sécuritaires. Cela nonobstant le fait que le gouvernement avait, quant à lui, augmenté les quotas des minotiers et autres transformateurs de 10% à 60% au début de l’année 2011.
Ceci dit, le volume des produits alimentaires, qui représente une proportion de plus de 22% du volume global des importations, ne cesse de doubler. Les montant de celles-ci se sont établis à 845 millions de dollars durant le 8e mois de l’année 2011 contre 433 millions USD durant la même période en 2010, en hausse de près de 100%,
selon un bilan du Centre national de l’informatique et des statistiques des Douanes (Cnis). Cette augmentation est engendrée essentiellement par une hausse de plus de 89% des importations des céréales, semoules et farines, passant de 148,55 millions USD en août 2010 à 281,10 millions USD à la même période en 2011, ajoute-t-on. La part des céréales dans la structure des produits alimentaires importés est de 33,27%, selon le Cnis.
Les légumes secs, qui représentent 3,05% des importations globales de l’Algérie, ont également enregistré une très forte hausse de 157,09%, passant de 10,02 millions dollars en août 2010 à 25,76 millions à la même période de référence en 2011. A l’exception des viandes qui ont baissé de 28,73%, tous les produits du groupe alimentation ont connu des hausses.
Le ministre a, par ailleurs, indiqué que le production nationale de céréales est estimée à 42 millions de quintaux en 2011 contre 45,6 millions en 2010 et 61,2 millions en 2009, précisant que le rendement à l’hectare a connu une amélioration durant la dernière décennie en passant de 11 quintaux à l’hectare à 17 quintaux.
En dépit de l’amélioration enregistrée dans la production nationale, la conjoncture nationale et internationale «exige davantage d’efforts et une utilisation plus large des technologies de pointe et leur application au niveau de 600.000 exploitations au niveau national en vue de hisser la productivité à l’hectare», a souligné Benaissa.
[via] Mohamed Boufatah, lexpressiondz.com
Designed by zitoprod.